Congresos de la Universitat Politècnica de València, XXV Coloquio AFUE. Palabras e imaginarios del agua.

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Le calme après la tempête. Le pouvoir symbolique de l'eau dans l'œuvre de Gabrielle Roy
Sophie Marcotte

Última modificación: 20-03-2017

Resumen


La romancière Gabrielle Roy (1909-1983) a été, dès le début de sa carrière, une fine observatrice de la nature. En témoignent, notamment, les passages consacrés aux excursions de pêche dans ses reportages sur la Gaspésie et les descriptions des Prairies de l'Ouest canadien apparaissant dans les textes rédigés pour le compte de périodiques montréalais comme Le Canada et Le Bulletin des agriculteurs (1940-1942). En attestent aussi les descriptions du fleuve Saint-Laurent et du canal Lachine qui ponctuent son premier roman, Bonheur d'occasion, paru en 1945 au Québec (Felicidad ocasional, 1948) – pour lequel elle a remporté le Prix Fémina (1947). Or, on remarque, dans l'ensemble de son œuvre et dans certaines portions de sa correspondance, une présence marquée des milieux aquatiques (étangs, lacs, rivières, marécages, etc.) et des paysages marins (océan, mer, plage, etc.), auxquels l'écrivaine paraît – c'est l'hypothèse que nous chercherons à développer – conférer un pouvoir d'apaisement et de rédemption. Ce pouvoir symbolique s'observe tout particulièrement dans deux scènes de tempête que nous analyserons dans le cadre de cette communication : l'une se déroulant en Bretagne et décrite dans le menu détail dans la correspondance avec son mari (1948), reprise ensuite et modulée dans un récit inédit intitulé « La tempête » ; l'autre ayant lieu en Gaspésie, à Port-Daniel, en 1943, où l'écrivaine s'était réfugiée suite au décès de sa mère, scène qui est racontée dans son autobiographie, Le temps qui m'a manqué (1997). Nous montrerons, par l'examen de ce corpus, et par quelques autres exemples puisés dans ses romans et textes autobiographiques, que l'eau, dont l'agitation initiale reflète les tourments et l'errance intérieurs des personnages, devient, au terme de la tempête, une force d'apaisement et de rédemption agissant sur ceux-ci et les invitant, dès lors, par son calme retrouvé et son caractère désormais rassurant et protecteur, à une introspection, puis à une fuite vers l'avant.

DOI: http://dx.doi.org/10.4995/XXVColloqueAFUE.2016.2527


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